Déchets

Sillingy  

Boîte anti-gaspi : laissez-la vous emballer

 


Plus de la moitié des Français déclarent ne pas toujours finir leur assiette au restaurant. Pourtant, la pratique du doggy bag, cet emballage qui permet au client d’emporter les restes de son repas, peine encore à s’installer dans l’Hexagone. Laurent Calvayrac, fondateur-gérant de L’emballage vert, a décidé d’accélérer le mouvement avec sa boîte anti-gaspi écologique Trop bon pour gaspiller.

Quelle est la petite histoire de votre boîte anti-gaspi ?

J’ai vécu en Amérique du Nord pendant cinq ans. Là-bas, la pratique du doggy bag est entrée dans les mœurs. Quand je suis revenu en France, en 2013, je me suis étonné de voir que rien de significatif n’avait été fait dans ce domaine. Alors, j’ai lancé une petite enquête via mon blog (L’emballage écologique) et j’ai été agréablement surpris, parce qu’il y a une vraie demande. Le résultat, c’est que plus de 80 % des gens interrogés souhaitent voir le doggy bag se développer en France. À partir de là, je me suis attaqué à une version française, la boîte anti-gaspi. La production a démarré en novembre 2014.

« En France, on est les seuls à distribuer un produit totalement écologique, recyclable et compostable. »

C’est un produit vraiment écologique ?

Pour moi, il était important de sortir un produit qui lutte contre le gaspillage alimentaire tout en se préoccupant des déchets engendrés par la suite. Malheureusement, beaucoup de doggy bag proposés à la clientèle sont en carton avec, à l’intérieur, un film plastique pour les rendre étanches. Il faut savoir que ce genre de produit, bien qu’étiqueté recyclable, part à 80 % à l’incinération ou à l’enfouissement. D’où l’idée de distribuer une boîte vraiment écologique, entièrement faite à partir de bois et fabriquée en France. On est assez fier de notre produit et on espère que cette pratique va se démocratiser, mais à l’aide d’un produit cohérent.

Quel accueil de la part des restaurateurs ?

En général, ils sont encore réticents. D’abord, parce qu’ils n’osent pas avouer qu’ils gaspillent, ils ont un peu de mal à l’admettre. Ensuite, ils partent du principe que le client ne le demande pas. Mais, s’il ne le demande pas, c’est juste par honte, par gêne, par timidité ! C’est pour cela que nous proposons aussi une signalétique pour mettre le client à l’aise : avec nos boîtes, on distribue des chevalets en carton que le professionnel peut poser sur ses tables pour informer directement le consommateur. Enfin, le restaurateur ne veut pas être responsable des problèmes qui pourraient survenir une fois la nourriture emportée. C’est un faux argument, car il est dégagé de toute responsabilité à partir du moment où il remet le produit au client. Aujourd’hui, nous sommes soutenus par des collectivités et des syndicats de traitement des déchets, et une quinzaine de restaurateurs achète nos boîtes anti-gaspi. La demande reste timide. On le sait, il faudra du temps pour que cette pratique prenne place en France de manière « normale ».


Au restaurant

  • 59 % des consommateurs ne finissent pas toujours leur assiette : 92 % parce qu’ils n’ont plus faim, 8 % parce que ce n’est pas bon
  • 45% estiment que « cela ne se fait pas » de demander à emporter ses restes et 40 % ont « honte »
  • 75 % des personnes interrogées sont prêtes à utiliser un sac à emporter

Source : enquête DRAAF Rhône-Alpes, 2014



 

 

 


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