Biodiversité

Niort  

La station d'épuration qui fait de l’œil aux libellules

 

La nouvelle station d’épuration de la commune d’Aiffres, près de Niort, ne va pas se contenter de traiter les eaux usées. Elle va aussi produire de l’énergie photovoltaïque et sensibiliser le public à l’environnement grâce à la zone de rejet végétalisée.

 

À Aiffres, la nouvelle station d’épuration est très attendue, en particulier par les promeneurs du dimanche et autres passionnés de nature. Non seulement elle va permettre de traiter deux fois plus d’effluents que l’ancienne station, mais elle va produire de l’électricité grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques sur le bâtiment d’exploitation (450 m2). Plus étonnant, elle va proposer un espace pédagogique valorisant la richesse faunistique et floristique du site.

 

Un refuge de la Ligue de protection des oiseaux…

La zone de rejet végétalisée de la nouvelle station, dont la mise en service est prévue en 2017, a été conçue en partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO). D’une surface de 0,8 hectare, elle comprend plusieurs aménagements successifs pour traiter les pollutions résiduelles de l'eau, depuis la sortie de la station d’épuration jusqu’au milieu récepteur, c’est-à-dire la rivière.

« L’idée, c’est de tout faire pour favoriser l’installation d’une faune et d’une flore les plus riches possibles et de créer un refuge LPO. Nous travaillons avec la Ligue depuis le début du projet. Elle a établi un état initial du potentiel de biodiversité et dressé une liste de prescriptions pour aménager la zone de rejet : création d’une surface de prairie avec des espèces locales, pose de piquets en bois pour l’accouplement des libellules, maintien sur pied des arbres morts pour les pics », précise Antoine Mesmin, du service assainissement.

 

à vocation pédagogique

Les nouveaux aménagements pourraient attirer une vingtaine d’espèces en déclin, parmi lesquelles de nombreux oiseaux comme la buse variable, le corbeau freux, le héron cendré ou encore le pouillot véloce. Les fossés devraient aussi accueillir toute une population de petits amphibiens : grenouilles, tritons, salamandres…

« Pour que le public puisse observer et profiter de cette biodiversité sans lui nuire, une passerelle surplombera la zone », poursuit Antoine Mesmin. L’itinéraire sera ponctué de panneaux informatifs sur les espèces rencontrées, car cet espace pédagogique a aussi vocation à accueillir un public scolaire.

 

La zone de rejet végétalisée d’Aiffres c’est :
– un premier bassin (1 250 m3) pour traiter la pollution résiduelle de l’eau en l’exposant à la lumière et à l’action du phytoplancton ;
– un filtre de graviers (300 m2) agrémenté de roseaux pour éliminer les résidus d’ammoniac (ce sont eux qui contribuent à la formation de nitrates) ;
– un réseau de fossés (1 300 m2) qui permet à l’eau de s’infiltrer sur place ou de s’oxygéner avant de rejoindre la rivière ;
– 3 petites mares (120, 160 et 240 m2 de surface) pour favoriser la biodiversité.

 

 

 

 

 

Crédits photo : Olivier Brosseau/MEDDE-MLETR

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