Biodiversité

Tahuata  

Les aires marines éducatives se développent

Connaître, vivre et transmettre la mer ! Un slogan qui illustre l’initiative innovante des aires marines éducatives, née en Polynésie française et actuellement en développement dans d'autres territoires, dans l'Hexagone et outre-mer.

À la rentrée scolaire 2016-2017, les ministères de l’Environnement, des Outre-mer et de l’Éducation nationale ont lancé un programme national pilote pour la création de huit aires marines éducatives (quatre en métropole et quatre outre-mer). La nouvelle Agence française pour la biodiversité assure la mise en œuvre opérationnelle en partenariat avec les huit écoles sélectionnées, les collectivités locales et les associations volontaires. La création de huit nouvelles aires marines éducatives est programmée en 2017.

Une aire marine éducative, qu'est-ce que c'est ?

Une aire marine éducative est une zone maritime littorale gérée de manière participative par une école ou un groupe d’élèves. C’est un projet d’action citoyenne de protection et de gestion du milieu marin.

Le concept a été lancée en 2013 dans l’île de Tahuata, aux Marquises, par l’école primaire de Vaitahu, la Fédération culturelle et environnementale des Marquises Motuhaka et l’Agence des aires marines protégées avec le soutien de la Polynésie française, de la communauté de communes des Marquises et de l’État. Les partenaires de la première heure ont souhaité que ce type de démarche puisse être structuré, standardisé et étendu. Pascal Erhel-Hatuuku, chef de projet Unesco, raconte : « Le projet Pukataï est tout simplement le premier réseau d’aires marines éducatives au monde ! Il est né aux Marquises à travers une petite baie qui a été gérée par les enfants d’une école. Ils se sont occupés d’une petite zone proche de la côte où ils ont pu travailler en rapport avec la biodiversité marine et les usages culturels qui y sont liés ».

Pukatai, c’est le nom du corail en marquisien. Entre 2014 et 2016, c’est aussi le programme pilote qui a permis de tester la méthodologie du label des Aires marines éducatives. Objectif : fédérer six aires marines éducatives créées sur chacune des six îles habitées des Marquises. Dans chaque île, une équipe de référents assiste les enseignants pour mener à bien les actions avec les élèves. Ce programme a été lauréat d’un appel à projet de l’Initiative française en faveur des récifs coralliens (Ifrecor). Il s’inscrit dans une démarche plus globale de création d’une grande aire marine protégée et d’inscription de l’archipel des Marquises au patrimoine mondial de l’Unesco en biens mixtes (nature et culture).

Le label Aire marine éducative

Le label Aire marine éducative viendra récompenser les écoles qui s’engagent dans un processus de connaissance et de gestion du milieu marin. Il s’agit de mettre les écoles au cœur des dispositifs de gestion des aires marines, de renforcer la diffusion des connaissances scientifiques sur le milieu marin ainsi que de faire connaître les usages et la culture liés à la mer. Dans une optique écocitoyenne, ce sont les enfants eux-mêmes qui mettent en place des actions de gestion et de valorisation de la zone littorale qu’ils auront choisie.


Les aires marines éducatives des Marquises s'exportent à Brest

Aires marines protégées : la France exemplaire
Les océans nous fournissent des services écologiques fondamentaux, dont celui de régulateurs du climat. Ils absorbent plus de 90 % de la chaleur générée par les activités humaines et environ 30 % des émissions de CO2, tout en générant près de la moitié de l’oxygène que nous respirons.
Présente dans tous les océans sauf l’Arctique, la France dispose du deuxième espace maritime mondial. 10 % des récifs coralliens et 20 % des atolls de la planète sont localisés dans les eaux sous juridiction française. Près de 10 % de la diversité mondiale des espèces marines est présente en outre-mer. Pour protéger ses richesses et les services rendus par les océans, la France a choisi de mener une politique volontariste de création et de gestion d’aires marines protégées* (AMP) dans toutes ses eaux, métropolitaines et ultra-marines. Cette politique est portée par l'Agence française pour la biodiversité, nouvel établissement public sous tutelle du ministère de l'Environnement.
En janvier 2017, plus de 22 % des eaux françaises sont couvertes par au moins une aire marine protégée. L’objectif fixé à 20 % à horizon 2020 – deux fois supérieur aux engagements internationaux – est d'ores et déjà atteint. Huit parcs naturels marins ont été créés depuis 2007, six en métropole et deux outre-mer : Iroise, Mayotte, Golfe du Lion, Glorieuses, Estuaires picards et mer d’Opale, Bassin d’Arcachon, Estuaire de la Gironde et mer des Pertuis et, le dernier en date, Cap Corse et Agriate. Citons aussi le parc naturel de la mer de Corail, créé le 23 avril 2014 en Nouvelle-Calédonie. Avec une superficie de 1,3 million de km², soit deux fois et demie la superficie de la France métropolitaine, c’est la plus vaste aire marine protégée dans le monde. Ces parcs ont pour objectifs de protéger des écosystèmes marins et permettre un développement durable des activités maritimes.
Les aires marines protégées sont organisées en réseaux connectés et doivent être efficacement gérées pour maintenir les océans en bonne santé et garantir leur résilience, c’est-à-dire leur capacité à retrouver leurs fonctions après une perturbation.

* Une aire marine protégée ou AMP est un espace délimité en mer au sein duquel un objectif de protection de la nature à long terme a été défini. Certaines catégories d’AMP, comme les parcs naturels marins, ont aussi un objectif de maintien des activités économiques via une exploitation durable des ressources marines.

Pour en savoir plus

 

 

Crédits photo : Sophie-Dorothée Duron / Agence des aires marines protégées

  • Agence française pour la biodiversité


  • Southern Group

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